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Héloïse Gaillard en récital au Festival de Sablé 2017
Héloïse Gaillard était en récital au Festival de Sablé-sur-Sarthe
le jeudi 24 août 2017 dans l'église Saint-Sulpice d'Avoise avec le programme
Georg Philipp Telemann : 12 Fantaisies pour flûte seule
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« Si la salle du Centre culturel de Sablé-sur-Sarthe constitue le point de rendez-vous des festivaliers pour la plupart des concerts, l’organisation du festival a eu l’heureuse idée d’en programmer un certain nombre dans plusieurs villages autour de Sablé, permettant ainsi au public (qui peut s’y rendre grâce à des navettes spécialement affrétées) de découvrir par la même occasion le patrimoine local.

C’est le cas de cette petite église Saint-Sulpice d’Avoise (construite en 1136 avant de faire l’objet de plusieurs travaux au fil des siècles suivants), au retable richement décoré et à l’incroyable voûte lambrissée qui a été refaite en 2000 en bardeaux de châtaigner. Seules quelques places restaient libres sur les côtés du chœur pour écouter en ce début d’après-midi Héloïse Gaillard, hautboïste et flûtiste bien connue, soliste notamment du Concert Spirituel et fondatrice de l’ensemble Amarillis, qu’elle codirige depuis sa création en 1994. Et pourtant, on ne peut dire qu’elle ait choisi la facilité avec ces Douze Fantaisies pour flûte de Georg Philipp Telemann (1681-1767) dont on célèbre cette année le deux cent cinquantième anniversaire de la disparition. Les ayant enregistrées avec succès pour l’éditeur AgOgique, Héloïse Gaillard montre qu’elle a visiblement eu le temps de les mûrir à force de les jouer et de les travailler, chaque Fantaisie possédant il est vrai ses caractères propres, la musicienne recourant d’ailleurs à quatre flûtes différentes (une sopranino, une soprano, une alto et une ténor) pour atteindre le meilleur résultat souhaité.

Programme âpre mais réussite évidente donc, à l’issue d’un véritable marathon de presqu’une heure. Les difficultés techniques sont légion mais la musicienne s’en sort haut la main grâce à un art du détaché consommé (le Vivace ou l’Allegro de la Fantaisie n° 2), à une dextérité de chaque instant qui éclate tout particulièrement dans les mouvements rapides (l’Allegro de la Fantaisie n° 9 ou le deuxième Allegro de la Fantaisie n° 12) et à un sens de l’articulation qui donne toute sa signification aux mélodies composées par Telemann bien qu’elles pourraient sembler parfois toutes de guingois (le Vivace de la Fantaisie n° 9 là encore). Surtout, et contrairement à ce qu’on avait pu quelque peu déplorer dans son enregistrement, Héloïse Gaillard prend enfin son temps, le discours gagnant en naturel et en évidence. Même si l’église n’offre guère de réverbération et si certains passages ont été troublés par la circulation sur la route contiguë, elle sut à maintes reprises laisser le son s’épanouir (le Dolce de la Fantaisie n° 10), privilégiant le climat sur une lecture plus prosaïque de la partition comme ce fut le cas dans le presque nonchalant Allegro concluant la Fantaisie n° 8. Saluée avec chaleur par un public pour qui l’intégrale des Fantaisies devait être, pour une part non négligeable, une véritable découverte, Héloïse Gaillard montra finalement le visage non seulement d’une musicienne accomplie mais surtout d’une musicienne apaisée. »
 
Sébastien Gauthier, ConcertoNet, 24 août 2017
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